En avril 1870, trois mois après avoir été diplômé de l'Ecole d'ingénieurs de Turin, Pareto obtient son premier poste en tant qu'ingénieur à l'Office central de la Compagnie mixte des chemins de fer de Florence.
Juin 1872 est marqué par sa rencontre avec Ubaldino Perruzi, alors maire de Florence et ancien ministre des travaux publics. Pareto fréquente dès lors le salon de littérature bien connu que tient la femme de Perruzi. Il a l'occasion d'y rencontrer des écrivains et des artistes, mais aussi des politiciens.
A cette époque, Pareto se met à écrire et publier de nombreux articles portant sur la représentation proportionnelle, sur le commerce, sur l'état de l'industrie italienne, sur les chemins de fer, ou encore sur les avantages et désavantages de l'utilisation, publique et privée, des réseaux de chemins de fer.
Il est rapidement conscient du fait que les opportunités de carrière pour un ingénieur sont limitées dans une compagnie de chemins de fer. Il décide donc en septembre 1873 de quitter son travail, après avoir voyagé durant les mois précédents en Autriche et en Allemagne. Un mois plus tard, il accepte le poste de Directeur adjoint de la Compagnie du fer de San Giovanni, dont le Président n'est autre que Perruzi.
Avec les encouragements de ce dernier, Pareto est nommé en 1874 membre actif de la Section des sciences naturelles de l'Academia dei Georgofili de Florence. En outre, il s'implique de plus en plus, par ses écrits, dans la défense du libre échange, afin de prévenir toute forme d'intervention étatique dans l'activité économique, et combat avec obstination le protectionnisme, les tarifs douaniers, ainsi que les subsides de l'Etat à l'industrie.
Si Cobden et Gladstone représentent des modèles pour Pareto, c'est incontestablement Gustave de Molinari qui inspire le plus ses écrits et ses prises de position. Par ailleurs, Pareto sera l'un des fondateurs de l'Adam Smith Society, dont le but sera de propager et de soutenir la doctrine du libéralisme économique.
En mai 1875, Luigi Langer, alors Directeur technique de la Compagnie du Fer, démissionne. Pareto, qui reprend le poste, est rapidement confronté à de nombreux problèmes car la compagnie est vétuste et inefficace. De plus, le capital financier à disposition de l'entreprise est quasi inexistant. En juillet, il se rend en Suisse, en Belgique et en France, dans l'espoir d'obtenir des capitaux et une assistance technique, mais ses efforts se révéleront vains, tout au moins dans l'immédiat.
En 1880, suite à son premier échec aux élections à la Chambre des députés, il se rend à Paris, puis à Londres et à Manchester, puis en Allemagne. Il y visite de nombreuses usines et en profite pour échanger des idées avec des industriels anglais et allemands. Il compare ainsi les différents ateliers. A son retour, il transforme la compagnie qui devient la "Ferriere Italiane" et est nommé Directeur. Malheureusement, la compagnie ne parviendra pas à se moderniser, faute de capitaux, et cela malgré les efforts répétés de Pareto pour trouver des investisseurs, en Angleterre notamment. Il donnera sa démission en 1884, laquelle sera refusée.
Par ailleurs, les vives critiques, de nature foncièrement libérales, qu'il continue de publier contre le gouvernement rendent ses relations professionnelles avec l'administration publique virtuellement impossibles. Il est de plus en plus intransigeant, de plus en plus isolé aussi, et ce malgré son engagement envers le pacifisme et les organisations radicales démocratiques (il va jusqu'à se déclarer républicain), et contre le colonialisme.
Maffeo Pantaleoni lui est présenté en 1890, et ils deviennent rapidement de bons amis. Entre-temps, la situation de la Ferriere Italiane est devenue extrêmement précaire. Pareto a spéculé sur le marché du fer londonien et encouru de lourdes pertes. Fin juillet, il doit démissionner et décide de se retirer à Fiesole, afin de se consacrer entièrement à la recherche.
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