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Dans un premier testament scientifique rédigé le 8 octobre dans le souci de voir un jour ses oeuvres complètes publiées, Léon Walras souhaite léguer ses papiers et ses livres concernant l'économie politique pure à l'Institut des actuaires français et ceux concernant l'économie sociale et l'économie politique appliquée à la Faculté de droit de l'Université de Lyon. Si la Faculté des sciences de cette même Université propose en plus un cours d'économie politique mathématique, il est même prêt à lui donner tous ses papiers et ses livres.
Après l'échec d'Albert Aupetit au concours d'agrégation, Léon Walras modifie son testament scientifique en date du 27 décembre en décidant de charger sa fille Aline de mettre tous ses papiers en sûreté après son décès pour en tirer parti avec l'assistance de ses amis et de ses disciples. A cet effet, il souhaite que ces documents soient remis à un établissement public ou privé, déposés dans un endroit sûr où on les tiendrait à la disposition des savants, en en laissant prendre copie et publier ceux qui seraient digne d'intérêt, mais sans les laisser sortir.
En mars, Léon Walras envisage de léguer ses archives à l'Université de Lausanne en échange de la publication, après sa mort, de ses oeuvres économiques et de celles de son père. Lassé d'attendre une réponse, Léon Walras retire en juillet sa proposition.
Immédiatement après la mort de Léon Walras, sa fille Aline reprend le flambeau et met sur pied avec Albert Aupetit, Georges Renard et Charles Gide un petit comité d'amis et de disciples disposés à s'occuper des publications de son père. Ce comité devient international. Aline est en contact étroit avec l'Université de Lausanne, en particulier avec les professeurs Pasquale Boninsegni et Ernest Roguin, et reprend le projet de 1905 de son père en espérant obtenir du côté de Lausanne une publication des oeuvres de Léon et, éventuellement, d'Auguste Walras. Après différentes péripéties, un comité de publication international est créé entre les Français et les Suisses. Pasquale Boninsegni encourage Aline dans son projet de legs de la bibliothèque personnelle de son père à la Faculté de droit, estimant que cela serait un moyen efficace de convaincre la Commission universitaire de voter une subvention pour la publication des oeuvres complètes.
Une convention est passée entre Aline Walras et le Département de l'instruction publique et des cultes du canton de Vaud qui stipule que la totalité des manuscrits, livres, documents et correspondance de Léon Walras est confiée à l'Etat de Vaud et que la faculté de droit de l'Université de Lausanne en a la libre disposition. En même temps la bibliothèque personnelle de Léon Walras (950 ouvrages) est déposée au siège de la Faculté de Droit, au Palais de Rumine, en contrepartie de l'engagement moral de publier les oeuvres de Léon Walras. Les manuscrits, les documents divers et les ouvrages de Léon Walras sont déposés au Palais de Rumine. Un premier archivage est réalisé entre juillet 1910 et juillet 1911.
Diverses querelles au sein du comité de publication ont pour conséquence qu'aucune publication ne voit le jour. Face à ces événements, en juin, Aline Walras demande à l'Université de Lausanne d'avoir la libre disposition des archives de son père et renonce à toute demande de publication moyennant la restitution de ses droits légitimes sur des papiers qu'elle n'avait confiés qu'à des fins de publication. La Faculté de droit répond qu'aucun engagement formel de publication n'avait été pris mais que si la Faculté de Droit conserve le dépôt des manuscrits, ils restent à la disposition d'Aline Walras et après elle à la disposition de son frère.
En janvier 1921, Aline reçoit les archives de son grand-père et envisage suite aux déboires qu'elle a eus avec l'Université de Lausanne, de les confier à un établissement français, soit à Paris soit à Lyon. Un accord est conclu en décembre 1923 entre Aline Walras, Louis Josserand, doyen de la Faculté de droit de Lyon, et Antoine Rougier, doyen de la Faculté de droit de Lausanne, qui permet à Aline, pour compléter les archives qui seront déposées à Lyon, de retirer toute une série de documents conservés jusque-là à l'Université de Lausanne notamment les archives sur les associations populaires coopératives ainsi que l'ensemble des lettres d'Auguste Walras à son fils. Le dépôt à Lyon a lieu en 1924.
En 1930, quand William Jaffé se rend à Lausanne pour consulter la correspondance de Léon Walras, il se heurte à une réponse sèche de Boninsegni qui lui apprend qu'Aline Walras a tout emporté. En 1934 Gaston Leduc apprend à William Jaffé qu'il a redécouvert dans les archives de Lausanne des manuscrits et de la correspondance de Léon Walras à l'occasion de ses recherches sur Auguste. William Jaffé se rend à nouveau à Lausanne et peut enfin consulter ces documents, qui se trouvent selon ses dires dans le plus grand désordre.
Aline Walras meurt le 1er août 1942. Gaston Leduc devient légataire des archives qu'elle avait conservées. Nommé après guerre, il ne peut plus s'occuper de la publication des oeuvres de Léon Walras.
Une décision de la Commission universitaire de Lausanne du 3 juillet rend la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne dépositaire du fonds Walras.
Les derniers documents de Walras en provenance des archives de l'Université de Lausanne sont transférés au Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne.
Le fonds Walras est intégré sous la cote de gestion IS 1927 et un premier schéma de classement est établi par le conservateur du cabinet des manuscrits.
A sa mort en 1979, Gaston Leduc exprime le voeu de voir ses archives ajoutées au fonds Walras de Lausanne. Elles rejoignent le fonds Walras initial à la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne et portent la même cote de gestion, IS 1927, que le fonds Walras lui-même.
Grâce à la collaboration du Centre Walras-Pareto de l'Université de Lausanne et du Département des manuscrits de la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne, l'inventaire informatisé des oeuvres manuscrites publiées ou inédites du fonds Walras est en voie d'achèvement.